Liberté : Ali Benflis plaide pour “le passage d’un pouvoir personnel à un pouvoir démocratique”

Liberté : Ali Benflis plaide pour “le passage d’un pouvoir personnel à un pouvoir démocratique”

Face aux membres de la délégation européenne qu’il a rencontrée hier au siège de sa permanence à Alger en compagnie de 4 de ses partenaires au sein du Pôle du changement, l’ancien chef de gouvernement, Ali Benflis, a dressé un tableau noir de la gouvernance du président Bouteflika qui a précipité le pays dans “le piège du pouvoir personnel à vie et peut-être même du pouvoir héréditaire”, non sans plaider pour le passage “d’un pouvoir personnel à un pouvoir démocratique”.

“Il y a aujourd’hui en Algérie une véritable crise de régime qu’il nous faut régler”, a expliqué M. Benflis dans son aide-mémoire remis à ses hôtes européens. Pour lui, l’Algérie connaît une “véritable crise du régime” et que le système politique algérien doit faire sa mue pour assurer “le passage d’un pouvoir personnel à un pouvoir démocratique”.

Une crise du régime se décline sous trois aspects : une vacance du pouvoir, des institutions quasiment à l’arrêt et l’absence d’institutions légitimes de la base au sommet. Sa recette à cette impasse ? L’ancien chef de gouvernement l’a consignée dans une démarche baptisée “processus global de règlement de la crise politique”. “Ce type de crise ne se résout que d’une seule façon partout dans le monde : le retour aux urnes et au suffrage populaire. C’est ce que nous demandons en insistant sur le fait qu’un tel retour aux urnes devra s’effectuer impérativement sous l’autorité d’une instance indépendante, transparente et crédible”, explique-t-il.

La solution à la crise du régime nécessite, en deuxième lieu, l’engagement d’une période de transition qui sera “organisée et conduite par les forces politiques légitimes et représentatives”. Ces deux étapes franchies, il y a lieu de travailler au “changement de la nature du régime” en passant d’“un pouvoir personnel à un pouvoir démocratique”.

Le retard accusé par l’Algérie en matière de transition démocratique, M. Benflis l’incombe essentiellement à la révision constitutionnelle de novembre 2008 qui a permis à Bouteflika de s’assurer une présidence à vie. “Si en matière de transition démocratique nous en sommes aujourd’hui à la case départ, cela est dû à la révision constitutionnelle de 2008”, a-t-il soutenu. “Sans elle, nous ne serions pas aujourd’hui face à une crise du régime. Sans elle, nos avancées démocratiques auraient pu se poursuivre progressivement”, a-t-il ajouté.

Et à Ali Benflis d’enfoncer le clou : “Cette révision constitutionnelle a enfermé notre pays dans le piège du pouvoir personnel à vie et peut-être même du pouvoir héréditaire. Et c’est de ce piège que nous devons sortir notre pays.”

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