Déclaration de M. Ali Benflis à l’ouverture du Congrès régional du parti réuni à Constantine

Déclaration de M. Ali Benflis à l’ouverture du Congrès régional du parti réuni à Constantine

Constantine, le 23 mai 2015

Monsieur le Président,

Messieurs les superviseurs régionaux,

Messieurs les Coordonateurs des bureaux provisoires des Wilayates  et des Communes,

Messieurs les délégués,

Chères militantes et chers militants,

Chers invités,

 

Je vous remercie de la chaleur de votre accueil qui reflète si fidèlement les solides traditions d’hospitalité et de générosité par lesquelles se distingue cette partie précieuse de notre pays.

Je vous prie de croire que je suis particulièrement sensible à tous les sentiments de fraternité que vous m’avez témoignés et à l’opportunité privilégiée que vous m’offrez de m’adresser à ce congrès régional de notre parti.

Dans le même temps, je ne peux consacrer les tous premiers mots de cette intervention qu’à tous les représentants de Talaiou El Houriyet dans cette région pour leur adresser mes félicitations les plus vives et mes remerciements les plus sincères au vu des excellentes conditions qu’ils ont réussi à réunir en faveur de la tenue de ces assises régionales préparatoires du Congrès constitutif de notre parti. Le temps leur était compté ; les délais qui leur étaient impartis étaient trop courts ; et ils avaient de nombreuses autres tâches à accomplir pour assurer l’implantation et la structuration du parti dans leurs communes, dans leurs dairates et dans leurs wilayates respectives. Mais malgré la diversité de tous ces fronts où leur présence était requise,  ils ont néanmoins déployé un surcroit  d’efforts et consenti de nombreux autres sacrifices pour que ce congrès se tienne dans des conditions honorables et satisfaisantes pour tous.

Permettez-moi en votre nom à tous et en mon nom personnel de leur exprimer nos sentiments de reconnaissance fraternels les plus profonds et les plus sincères.

Je souhaite aussi m’adresser à toutes les militantes et à tous les militants du parti dans cette région. Je veux leur dire à cette occasion que grâce à leur dynamisme, à leur abnégation et à leur résolution, cette région a accueilli Talaiou  el Houriyet à bras ouvert ; leur message politique y a été bien reçu ; les perspectives qu’elles offrent y ont suscité confiance et espoir ; et par-dessus tout, cette région a bien senti que le projet politique de Talaiou El Houriyet est porté par des femmes et des hommes déterminés à être fidèle à la parole donnée ; des femmes et des hommes déterminés à tenir leurs promesses et leurs engagements ; des femmes et des hommes qui n’ont pas d’intérêts catégoriels à défendre mais seulement l’intérêt général qu’ils placent  au dessus de tout ; des femmes et des hommes qui savent et qui sont convaincus que la voie de la stabilité, de la quiétude et du progrès pour notre pays est la voie qui mènera inéluctablement vers l’alternative démocratique.

Je souhaite, enfin, m’adresser aux délégués à ce congrès régional. Je les félicite d’avoir été investis de la confiance des militantes et des militants de notre parti dans cette région et d’avoir mérité l’honneur de les représenter à ce congrès préparatoire et au Congrès Constitutif de Talaiou El Houriyet. C’est sur eux que repose désormais la responsabilité de refléter les attentes et les aspirations de ces militantes et de ces militants et d’exprimer leurs idées, leur appréciation et leur contribution en vue de l’enrichissement du projet politique qui nous rassemble. Talaiou El Houriyet sont nés de la seule volonté des militantes et des militants nombreux qu’ils comptent déjà à travers toutes les régions du pays. Ils sont le pur produit de leurs seuls efforts et de leurs sacrifices ; ils sont une formation politique qui n’a d’autre raison d’être que celle de servir la défense des idées qu’ils portent, des convictions qui les animent et de l’engagement politique qui fait leur force. Ils ne sont redevables de rien et à personne dans la création de cette formation politique qui agira toujours par eux-mêmes et pour eux-mêmes.

Il y a une idée que j’ai développé devant les congrès régionaux dont j’ai eu l’honneur d’inaugurer les travaux jusqu’ici et que je tiens à exprimer de nouveau devant vous aujourd’hui. Dans les circonstances actuelles, l’action politique de Talaiou El Houriyet se situe clairement et nettement dans le cadre de l’opposition nationale ; une opposition légale et pacifique ; une opposition attachée à la recherche du consensus dans la gestion des affaires vitales pour la Nation ; une opposition acquise aux vertus de l’ordre et du gradualisme dans le changement de notre système politique devenu archaïque, inadapté aux nouveaux besoins et aux nouvelles aspirations de notre peuple et dépassé par la marche accélérée du monde qui marginalise notre pays mis dans l’incapacité d’en soutenir le rythme.

Nous sommes les demandeurs et les défenseurs d’une voie réformatrice et rénovatrice rassembleuse, consensuelle et apaisée. Et en empruntant cette voie, nous sommes profondément soucieux d’éviter à notre pays les perturbations et l’instabilité et d’épargner à notre peuple la discorde et la division qui sont plus dommageables que réparatrices, qui occasionnent des reculs plutôt qu’elles ne favorisent les avancées et qui affaiblissent plus qu’elles ne renforcent.

L’opposition politique est donc un droit constitutionnel ; un droit constitutionnel impératif et inaliénable ; un droit constitutionnel qui ne devrait souffrir d’aucune atteinte sous quelque forme que ce soit et de quelque source que ce soit. Mais l’opposition nationale n’est pas seulement un droit constitutionnel bien établi, consacré et protégé. Elle ne peut être réduite qu’à cela car elle n’est pas que cela. L’opposition politique cesse d’être un simple droit pour se transformer et devenir un devoir national sacré dès lors que l’Etat national est en danger et que la Nation est menacée.

La longue histoire de notre peuple s’est construite par une succession de générations qui, dans les moments les plus cruciaux, ont ressenti l’ardente nécessité de transformer un droit en devoir national sacré. Il y a des moments comme ceux-là ou ce qui n’était qu’un droit devient un devoir impératif, un devoir que l’on ne peut refuser d’accomplir et un devoir face auquel il n’y a pas de reculade,  de dérobade ou de fuite des responsabilités possibles.

Nous vivons, actuellement, l’un de ces moments déterminants. Et l’Histoire qui n’est ni clémente ni portée sur le pardon facile enregistre déjà ce que nous aurons fait ou ce que nous aurons failli à faire quand le danger guettait l’Etat national et que des périls s’accumulaient au-dessus de la Nation.

Il n’y a pas d’autres mots pour le dire ; il n’y a pas d’autre évaluation possible ; il n’y a pas d’autre constat à établir: l’Algérie, notre pays, est désormais à la confluence de trois impasses d’une exceptionnelle gravité:

  • Une impasse politique sans précédent que le régime politique en place ne veut pas voir, refuse de reconnaitre et se complait dans une attitude de déni inexcusable à son égard ;
  • Une impasse économique visible, mesurable et avérée dont l’ampleur n’a d’égale que son état de totale impréparation à faire face aux retombées périlleuses de la crise énergétique mondiale actuelle et d’incapacité à en amortir les chocs dans les conditions les moins pénalisantes pour le développement économique et social du pays.
  • Une impasse sociale, enfin, qui révèle que les politiques publiques réduites à l’achat de la paix sociale au moyen desquelles le régime politique pensait pouvoir acheter sa seule survie, n’auront, au bout du compte servi à rien. Et de fait, c’est maintenant, en dizaine de milliers que l’on recense les troubles sociaux annuellement.

Mesdames et Messieurs,

L’Algérie est incontestablement face à une impasse politique totale. Chacun d’entre nous en ressent les effets ; chacun d’entre nous suit ses développements les uns plus préoccupants que les autres ; et chaque jour qui passe offre à chacun d’entre nous l’occasion amère de constater que la crise politique à laquelle notre pays est confrontée s’amplifie au lieu de régresser. Cette crise politique qui a pris des proportions alarmantes est source d’angoisse et d’inquiétude pour l’ensemble de nos concitoyennes et de nos concitoyens.

Nul ne peut prédire avec certitude ce sur quoi elle est destinée à déboucher ni la facture déjà bien lourde dont il faudra s’acquitter pour éponger tous les dommages nombreux qu’elle a infligés au pays.

Cette crise politique est dans l’esprit, dans les constats et dans les discussions de toutes les algériennes et de tous les algériens. Elle est dans toutes leurs prières pour le bien de notre Nation. Dans cette attitude face à l’impasse politique actuelle, il n’y a qu’une seule exception: celle du régime politique en place, des clientèles qu’il a mises à son service et des groupes d’intérêts, d’influence et de pression sur lesquels il s’appuie dans la quête vaine d’une pérennité qu’il sait déjà perdue.

Ceux-là refusent obstinément de regarder la réalité en face. Que leur légitimité et leur crédibilité soient mises en doute, ils n’en ont cure. Que de par leur propre fait toutes les institutions républicaines et toute l’administration publique aient été mises en situation de quasi-cessation d’activités, ils plaident que tout va bien, que tout est normal et que chacun de leurs actes est une prouesse inégalable. Qu’ils se voient dire, à raison, qu’ils ne règlent plus les problèmes du pays mais qu’ils lui en créent de nouveau, ils profèrent avec une forte dose d’inconscience et de légèreté les accusations d’atteinte à la sécurité nationale et d’intelligence avec l’ennemi et donnent l’alerte contre l’intrusion de mains étrangères.

Voilà à quoi en sont réduits nos gouvernants: chercher le bouc-émissaire, anesthésier l’opinion publique nationale par des vœux pieux et des promesses creuses, détourner les regards de cette même opinion publique de leurs échecs politiques, économiques et sociaux qui s’accumulent ;  ce faisant, ils s’emploient désespérément mais vainement à nous convaincre que le pouvoir n’est pas vacant, que le gouvernement gouverne, que les institutions républicaines assument  leurs missions constitutionnelles et que l’administration publique n’est pas livrée à elle-même sans orientations et sans directives.

Oui le pouvoir est vacant tout comme le centre de la décision nationale est déserté ; et dans ces conditions comment s’étonner que des cercles occultes se soient emparés de pouvoirs que leur titulaire constitutionnel n’exerce plus ?

Oui le gouvernement ne gouverne plus et que conclure d’autre que cela lorsque le Conseil des Ministres ne se réunit qu’en de très rares occasions qui se comptent sur les doigts d’une seule main et que les lois et décrets par lesquels se gèrent les affaires publiques comptent, en nombre, parmi les moins élevés dans le monde ?

Y’a-t-il une preuve mieux établie et un témoignage plus éloquent quant à cet état de fait déplorable que le récent remaniement ministériel à l’occasion duquel des ministres ont été libérés de leurs portefeuilles sans avoir jamais participé à une seule réunion régulière du conseil des ministres ?

Et permettez-moi, ici, de vous solliciter pour m’aider à déchiffrer les mystères de ce dernier remaniement ministériel. Ne relevez vous pas tout comme moi que l’improvisation débridée, la légèreté dans la gestion des affaires de l’Etat et une vacance du pouvoir devenue incontrôlée et incontournable ont toutes convergé pour mettre le régime politique en place dans l’incapacité d’opérer un tel remaniement dans les règles de l’art ? Dépourvu de sens ou de substances politiques, ce qui n’était, au fond, qu’un replâtrage d’une institution léthargique a fini par provoquer soit l’étonnement soit la dérision et dans tous les cas une indignation généralisée quant au sort fait à la crédibilité de l’Etat et à son image au dedans et au dehors. Ce désordre institutionnel devient intolérable en tant que menace aux fondements même de l’Etat national et à son autorité qui devrait être sans tâche.

Oui les institutions républicaines n’assument plus leurs missions constitutionnelles  d’abord parce qu’elles sont mises au service du régime politique en place et non des citoyennes et des citoyens pour lesquels elles ont été créées et ensuite parce qu’elles subissent elles aussi directement les effets de la vacance du pouvoir et de la carence du Gouvernement.

Oui, l’Administration publiques est livrée à elle-même sinon comment expliquer qu’elle ne soit plus en mesure de répondre aux préoccupations des citoyennes et des citoyens et de satisfaire leurs demandes les plus essentielles et les plus légitimes ?

Je vous invite à constater avec moi ce qui suit :

  • Des wilayates demeurent sans walis comme Annaba dans cette région et comme Relizane et Ain Temouchent dans l’ouest du pays ; et Sonatrach elle-même – cette mère nourricière des algériennes et des algériens – n’a toujours qu’un intérimaire à ses commandes.
  • Des centaines de cadres supérieurs exercent leurs fonctions à titre intérimaire à défaut de réunions du Conseil des Ministres qui  auraient pu prendre leurs décrets présidentiels de nomination.
  • Même dans leur rareté, les lois promulguées ne sont pas mises en œuvre car leurs textes d’application n’ont pas pu être adoptés par un Conseil des Ministres qui ne s’est pas réuni depuis une année entière dans sa forme légale.

Dans de telles conditions, est-il bien surprenant de constater que la gestion des affaires publiques est laissée à l’abandon et que les attentes et les préoccupations des concitoyennes et des concitoyennes sont délaissées ?

Oui, Mesdames et Messieurs, tel est le sort tragique du pays. Telle est la réalité amère qui est la sienne. Telles sont les véritables menaces qui pèsent sur l’Etat National. Et tels sont les véritables facteurs qui mettent en danger l’unité et la cohésion de la Nation.

Je ne verse pas dans la surenchère ; je n’adopte pas de positions extrêmes, je n’exagère pas – et vous en êtes témoins- si je pense qu’il est de mon devoir de vous dire que  la situation du pays est dure et amère et lourde de périls et de menaces.

Aujourd’hui tous nos regards sont dirigés vers l’Algérie ; nos cœurs battent et saignent de crainte pour l’Algérie ; toutes nos âmes se soulèvent au vu du sort qui est fait  à l’Algérie ; nos consciences s’indignent devant le malheur qui s’est abattu sur l’Algérie. Et notre raison ne croit pas ce que nos yeux nous révèlent : l’Algérie de la léthargie, du statu quo et de l’immobilisme ; l’Algérie sous les cieux de laquelle s’accumulent les échecs, les improvisations, les dérives et les égarements. Et pour elle, tout cela ne relevait ni de l’ordre de la fatalité ni de l’inévitabilité  d’un sort scellé.

Face à une telle situation, quels constats devons nous établir et quels enseignements pouvons nous tirer ?

  • Il est difficile de croire un régime totalitaire lorsqu’il prétend suivre le chemin de la réforme et du renouveau et qu’il entend bâtir un Etat  démocratique ;
  • Il est ardu d’accorder quelque crédit que ce soit aux défenseurs de la personnalisation du pouvoir et aux gardiens de son temple lorsqu’ils veulent nous convaincre qu’ils pavent, réunissent les conditions nécessaire et créent l’environnement favorable à l’avènement d’un système démocratique authentique ; est-il bien raisonnable de croire qu’un régime de cette nature puisse se mettre au service de son contraire ?
  • Un régime politique tel que le nôtre peut-il, dans quelque cas que ce soit, nous convaincre qu’il s’est engagé en faveur de  l’élargissement du champ des libertés, du respect   de tous les droits attachés à la citoyenneté, de la levée des entraves qui brident l’action politique de l’opposition nationale et aplanir les obstacles qu’il a multipliés devant elle ?
  • Qui prétend-on duper lorsque chacun d’entre nous peut voir à la lumière du jour que le sommet du pouvoir n’exerce pas son pouvoir ; que le gouvernement ne gouverne pas et que les institutions de la république n’agissent plus dans l’intérêt de la nation et pour le bien –être de notre peuple ?
  • De quelle légitimité et de quelle crédibilité est-il encore possible de parler valablement et de quelle confiance et de quelle capacité de persuasion est-il encore possible de se prévaloir en face d’institutions dépourvues de mandats populaires indiscutables et irrécusables et en face de médiations clientélistes politiques, économiques et sociales qui ne sont substituées aux véritables médiations citoyennes légitimes et représentatives ?
  • Quel espoir peut-on encore garder en des pouvoirs publics qui promettent tellement et réalisent si peu ? Des pouvoirs publics qui se délient rituellement de leurs engagements, tournent le dos à leurs promesses et n’honorent pas la parole donnée au point d’avoir fait de leurs manquements et de leurs reniements un label  et une marque déposée ?
  • Comment pouvons nous être rassurés que les ressources de la Nation sont entre des mains sûres alors même que les affaires de dilapidation, de détournement  des deniers publics et de corruption se suivent et se ressemblent dans un contexte d’absence de contrôle, de prévention et d’impunité ?

Interrogez tous les experts en sciences politiques et en droit constitutionnel et ils vous le diront de manière catégorique : les Etats sont confrontés à une crise de régime dès lors que se pose à eux la problématique de la légitimité institutionnelle, que leurs institutions ne fonctionnent plus ou que leur Constitution se révèle inopérante dans le règlement des crises politiques auxquelles ils font face.

Notre pays ne fait pas face à l’une de ces situations mais bel et bien aux trois réunies simultanément et, en conséquence, il est manifestement dans une crise de régime.

J’ai personnellement porté à la connaissance de notre opinion publique nationale ma vision du règlement de cette crise à travers ce que j’ai appelé « un Plan de règlement global de la crise politique ». J’ai à plusieurs reprises développé le contenu de ce plan à travers les médias nationaux et à l’occasion de conférences qu’il m’a été donné de prononcer devant des instances de plusieurs partis politiques à leur invitation.

Le Congrès Constitutif de notre parti aura à se prononcer sur ce plan et à adopter une résolution spécifique à son sujet. Il deviendra alors le plan de notre parti tout entier par lequel celui-ci s’attachera à apporter, aux côtés des autres forces politiques, sa contribution au règlement de la crise de régime qui affecte gravement notre pays.

  • Ce plan comprend une première phase d’une importance extrême et son importance réside dans la primauté qu’elle devra accorder, parmi les autres priorités, au règlement du dilemme de la crise de régime à laquelle l’Algérie est confrontée. Il s’agit de ce point de vue d’apporter une solution à la vacance du pouvoir, de relégitimer toutes les institutions républicaines et de remettre toutes ces institutions en ordre de marche et en capacité d’assumer de nouveau les missions constitutionnelles dont elles sont investies. Ce triple objectif ne pourra être atteint qu’au moyen d’un retour vers le peuple souverain qui pourra alors faire connaitre son choix, faire entendre sa voix et porter son jugement irrécusable. En mots plus simples, il s’agira de reprendre la voie d’élections transparentes, crédibles et régulières.

Mais existe et il faudra bien que cessent ses méfaits. La fraude s’est établie en système qui abuse comme il l’entend de la sacralité de la volonté  populaire comme source de tous les pouvoirs ; un système qui permet à l’appareil politico-administratif de se substituer au peuple souverain pour détourner les résultats des scrutins au profit de ses protégés ;  et un système qui s’autorise une véritable confiscation de l’expression du choix du peuple. Il n’en devient dès lors que plus urgent et plus nécessaire que les prochaines échéances électorales soient rigoureusement soumises à une préparation, à une organisation et à un contrôle de la part d’une instance souveraine et indépendante investie de touts les moyens et de toutes les prérogatives lui permettant de garantir la régularité et la sincérité des scrutins à venir.

Ce système de la fraude à infligé au pays des dommages incommensurables ; il lui a causé des torts, qui seront difficiles à réparer ; il a puissamment nuit à son image au dedans  comme au dehors.

Ce système a aussi démuni toutes les institutions – de la base au sommet- de toute crédibilité et de toute confiance.

Et plus que tout cela encore, ce même système a porté gravement préjudice à la démocratisation et à la modernisation de notre système politique en termes moraux autant que politiques.

  • Une fois le règlement de la crise de régime intervenu au moyen d’élections inattaquables et irrécusables, il sera alors possible d’entrer dans une seconde phase qui sera celle de l’aménagement de la transition démocratique.
  • L’organisation, la conduite et le développement du contenu de la transition démocratique reviendront aux forces politiques légitimes et représentatives que la première phase aura consacrées à travers des scrutins référentiels.
  • Un gouvernement d’union nationale sera constitué et aura pour mandat d’aider au bon déroulement de la transition démocratique et de convenir des solutions à apporter aux autres grandes problématiques politiques, économiques et sociales nécessitant un consensus ou un accord national le plus large.
  • Une conférence nationale sur la transition démocratique sera réunie à l’effet de convenir et de décider de ses objectifs, de son contenu et de ses instruments. Dans ce contexte, il reviendra à cette conférence d’adopter ce que j’appelle «  le Pacte de la transition démocratique » qui contiendra des engagements précis et contraignants que prendront toutes les forces politiques à l’effet de prémunir la transition démocratique contre les dérives et les dérapages possibles que des expériences similaires dans le monde ont connues.
  • La République devra être dotée d’une nouvelle Constitution dont la rédaction reviendra à une Commission émanant du Parlement élu. Cette Commission pourra se faire assister par toute expertise nationale requise.

« Le Pacte de la Transition Démocratique » tout comme l’avant-projet de Constitution du pays seront soumis au Parlement pour examen avant qu’ils ne soient l’objet d’un processus référendaire.

  • « Le Pacte de la Transition Démocratique » de même que la Constitution intégreront des dispositions précises et explicites au sujet des garanties avec lesquelles devra être entouré le déroulement serein, ordonné et apaisé du processus de transition démocratique. L’assurance de ces garanties sera confiée à l’Armée Nationale Populaire. Additionnement à ses missions constitutionnelles traditionnelles, l’ANP aura à partager le devoir national collectif que constitue le bon déroulement de la transition démocratique. L’ANP aura à en accompagner, à en suivre et à en garantir le cours jusqu’à bonne fin.
  • Comme couronnement de ces deux premières phases, une troisième phase interviendra sur la base de tous les accords et ententes auxquels seront parvenues les forces politiques impliquées et concernées. L’objectif de cette troisième phase sera celui d’ouvrir le grand chantier de la refondation du système politique national. Cette refondation aura pour finalités la rénovation et la modernisation de ce système politique. Il s’agira d’opérer le passage d’un pouvoir personnel et totalitaire arrivé à sa fin vers un régime politique démocratique conforme aux principes, aux normes et aux caractéristiques universellement admises.

Mesdames et Messieurs,

L’Algérie est à la confluence de trois défis majeurs. Ces trois défis s’incarnent à travers la modernisation et la rénovation de notre système politique, à travers l’adoption d’un nouveau modèle économique performant, compétitif et producteur de richesse habilitant notre pays à suivre les développements accélérés que connait son environnement mondial et la consolidation de notre société – la société des libertés à laquelle nous aspirons- par la réhabilitation de la citoyenneté pleine et entière et par le respect des choix du peuple algérien souverain.

Il n’est possible de relever ces défis qu’à partir d’une position dans laquelle la crise de régime serait derrière nous. En d’autres termes, je veux dire que la réponse effective à l’ensemble de ces défis ne pourrait intervenir que dans un contexte où l’Algérie se serait libérée de la crise de régime vers laquelle elle a été menée et dans laquelle elle est aujourd’hui enfermée.

La réponse à des défis de cette ampleur et le traitement des dilemmes de ce niveau de complexité ont leurs exigences. Dans le cas de notre pays, la sortie de la crise de régime représente la première de ces exigences. Pourquoi ?

  • Parce qu’un pouvoir légitime et représentatif se préoccuperait moins de sa propre destinée et plus de celle du peuple tout entier ;
  • Parce qu’un pouvoir de cette nature serait responsable devant l’ensemble des citoyennes et des citoyens et se soumettrait à leur contrôle et à leurs demandes de reddition des comptes ;
  •  Parce qu’un tel pouvoir bénéficierait  de la confiance et de la crédibilité qui sont les deux piliers sur lesquels il pourrait s’appuyer pour requérir la mobilisation, l’unité des rangs et le consentement des sacrifices par toutes les concitoyennes et tous les concitoyens à l’effet de sortir le pays de toutes les impasses politiques, économiques et sociales dans lesquelles il a été fourvoyé.
  • Parce qu’un pouvoir de cette qualité serait le seul à avoir le courage, la capacité et la détermination de rallier notre peuple à un projet politique qui ferait la force de notre pays, ouvrirait de nouveaux horizons à la Nation et assurerait la stabilité et la quiétude de notre société.

Notre pays a un besoin urgent d’un pouvoir politique de cette nature et doté de ces qualités. Cela n’est pas au dessus de nos forces et cela n’est pas hors d’atteinte pour notre peuple.

Mesdames et Messieurs,

Avant d’être un parti et un cadre au sein duquel s’effectue le rassemblement des femmes et des hommes ayant en partage des idées, des principes, des convictions et des engagements, Talaiou El Houriyet est un projet de société ; oui Talaiou El Houriyet est un projet de société dans le sens plein de son sens, de son contenu et de ses finalités.

Vous êtes donc les porteurs d’un projet de société qui repose sur un programme politique, sur un programme économique et sur un programme social  qui soumettent à l’appréciation et au jugement de notre peuple, une vision, une ambition et une perspective pour le renouveau de notre pays.

C’est un projet pour le redressement patriotique et pour le sursaut de toutes les forces vives de la nation porteuses d’espoir, d’optimisme et de grandeur pour notre pays.

Ce projet attend votre contribution à sa mise en œuvre ;

Ce projet attend de vous disponibilité, effort et sacrifice.

Ce projet attend de vous persévérance, résolution et constance ;

Il se dira et s’écrira que Constantine a été base de départ ; et cela en soit est de bon augure. A partir de ce haut lieu de l’Histoire de l’Algérie, votre marche commence sous les meilleurs des auspices.

Articles connexes